Gratuitement ≠ pour rien!
«Qui accepte un cadeau,
vend sa liberté.» Proverbe italien
Hormis les plus jeunes de nos lecteurs
et lectrices, beaucoup se souviennent certainement encore des disciples
de «Hare Krishna». Infatigables, ils entamaient leur «Hare Krishna,
Rama Rama» partout: les centres villes, les aéroports, etc. Tout
d’orange vêtus, ils abordaient les passants avec un large sourire
et les paroles suivantes: «Vous êtes notre ami(e), ceci est un cadeau».
On se retrouvait plutôt bête avec entre les mains un livre que nous
n’avions même pas envie de lire. Et gare à celui ou celle qui pensait
que ça s’arrêterait là! Ah non, les disciples ne lâchaient jamais
prise avant qu’ils aient estimé que nous ayons suffisamment honoré
notre dette, c’est-à-dire un «don» approprié à leurs yeux.
Bien que sans le vouloir, les Hare Krishna
ont inventé la loi de la réciprocité qu’ils savaient appliquer
à la perfection.
La loi de la réciprocité: personne
ne la connaît vraiment, mais elle est tout aussi infaillible que la
loi de la gravitation. Elle est inscrite au plus profond de chacun d’entre
nous et nous dicte: «Si on t’offre quelque chose, tu dois offrir
quelque chose à ton tour!». C’est ce qu’on nous apprend dès le
plus jeune âge. Il s’agit d’une règle importante qui a pour but
de faciliter la vie en société. Et, en principe, c’est une très
bonne chose, notamment dans le cadre de l’aide entre voisins. En revanche,
déguisée en Hare Krishna, la réciprocité peut rapidement se transformer
en cauchemar.
L’expérience du coca offert
Pour cette expérience, des volontaires
ont été recrutés sous prétexte de participer à une étude sur les
connaissances de l’art. Dans ce groupe, les chercheurs ont introduit
un jeune homme nommé Joe. Celui-ci, un présumé participant ordinaire,
devait quitter la pièce et revenir avec deux canettes de coca et en
offrir une à un participant au choix en expliquant: «En sortant, je
suis tombé sur un distributeur et j’ai pensé que vous auriez aussi
envie d’en boire un». L’expérience terminée, Joe devait demander
à cette personne de lui rendre un petit service: «Je vends des billets
de loterie qui permettent de gagner une voiture. Plus j’en vends,
plus ma commission sera élevée».
Résultat de l’expérience: les participants,
à qui Joe avait offert un coca, achetaient deux fois plus de billets
que les autres personnes. Et ce qui était encore plus surprenant, c’était
de constater que cela fonctionnait même avec les personnes ayant déclaré
que Joe ne leur était pas franchement sympathique.
L’être humain est un excellent modèle
d’économie d’énergie: il veut tirer un maximum de profit en investissant
un minimum. Et, en soi, c’est une excellente chose. Le mot «gratuit»
produit un effet quasi magique et représente toujours une parfaite
accroche. Vous aussi, vous l’avez certainement remarqué en vous rendant
sur ce site web.
Les conseils de Maître Hibou
«Rien n’est jamais sans conséquence. En conséquence, rien n’est jamais gratuit.» Confucius
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- Refusez tout cadeau ou service
gratuit de la part d’un inconnu si vous ne pouvez ou ne voulez pas
le rendre!
- Si vous êtes certain(e) que
le cadeau ou le service n’est autre qu’une combine pour obtenir
une contrepartie, il est important que vous en soyez parfaitement conscient(e).
Ce n’est qu’ainsi que vous pouvez vous libérer du sentiment de
«devoir rendre». Mais attention, la loi est profondément ancrée
dans notre esprit, ce qui fait que mieux vaut encore refuser le cadeau
ou le service!
- Dans les cas d’offres gratuites,
il est important que vous lisiez attentivement le contrat et les CGV
(Conditions Générales de Vente). Il est tout à fait possible que
l’un ou l’autre cache un hic. Et tout papier que vous avez signé
ou document que vous avez accepté sur Internet (p. ex. «Je soussigné(e)…
accepte les CGV de la société XYZ…») peut entraîner des conséquences
néfastes. En cas de doute, mieux vaut y renoncer!
- Rappelez-vous du cadeau fait
aux Troyens: rien de bien n’en est sorti, et cela au sens propre du
terme!
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Fait le: 22.11.2010 | Modifié le:
09.10.2012
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